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L'idée est née d'une tradition particulière, découverte à Portsmouth, ville située dans le sud de l'Angleterre. Lorsque nous nous promenons dans cette ville, notamment sur les bords de mer, une chose attire particulièrement notre regard. Il s'agit des bancs. Nous pouvons découvrir côte à côte un banc détérioré par le temps passé et un banc à la pointe du design. Aux endroits où la vue est particulièrement splendide, nous pouvons observer des multitudes de bancs, contrairement à d'autres lieux, où ils sont presque absents. Ceci vient du fait que les particuliers peuvent contribuer à l'achat d'un banc public. En contrepartie, ils choisissent l'endroit où ils souhaitent placer le banc, et fixent une plaque dessus, mentionnant un souvenir passé à cet endroit ou simplement un hommage à quelqu'un. Ce qui nous a interpelé, c'est cette rencontre de la sphère privée avec la sphère publique, et comment des inconnus, en s'asseyant sur un des bancs, pouvaient revivre au même endroit, le même moment que les personnes propriétaires du banc en question.

Banc de Porsmouth

De retour à l'école, nous avons voulu adapter cette habitude culturelle à Bourges. Très vite, l'idée d'inscrire les souvenirs des Berruyers dans l'espace public s'est imposée. Dans un premier temps, nous voulions retranscrire ces moments privés sur des autocollants reprenant la forme des plaques des bancs de Portsmouth. Le souci est que les autocollants sont souvent associés à un acte de dégradation de l'espace public. De plus, c'est un support sur lequel nous n'aurions eu aucun contrôle: chacun aurait pu le coller où bon lui semblait, au risque que le projet soit plus associé à du vandalisme, qu'à un acte poétique...

autocollant souvenir

Pour que ce projet soit plus visible, nous avons du abandonner l'intention de marquer vos souvenirs sur les lieux où ils ont été vécus. Pour éviter de les disperser ainsi dans toute la ville, nous avons choisi de nous concentrer sur un lieu précis: le jardin de l'archevêché. C'est en effet un parc situé en plein coeur du centre-ville, où chacun d'entre nous a déambulé au moins une fois.

Une autre question s'est ensuite posée: Comment vous inviter à participer à ce projet? Nous n'étions sûres que d'une chose, c'était de prendre le temps vous rencontrer et de dialoguer avec vous. Or, il était impossible de rencontrer tous les habitants de Bourges... Dans un premier temps, nous avions donc choisi de nous resteindre à envoyer une lettre à toutes les maisons portant le numéro 6 . Pourquoi ce numéro? Peut-être tout simplement parce que nous sommes arrivée à Bourges en 2006... Mais cette idée n'était pas très convaincante et plutôt dure à justifier. Nous avons jugé plus subtil de vous rencontrer au hasard des évènements berruyers ou au sein du lieu même où "rendez-vous au jardin" allait se dérouler. Pour inclure ceux d'entre vous qui n'habitent pas le centre-ville et qui n'ont pas forcément de facilités pour se déplacer, nous avons décidé de faire contribuer un quartier de la périphérie de Bourges. Il s'agit du quartier de la Chancellerie. Une lettre a été envoyé aux habitants d'une des tours pour les informer du projet.

Il ne restait donc plus qu'un dernier détail à régler, et pas des moindres: Sur quel support imprimer vos souvenirs? Pour correspondre à l'environnement où nous allions nous installer, à l'idée du jardin, du printemps...etc... nous avons pensé reprendre le modèle des étiquettes botaniques indiquant le nom des plantes au jardin de l'archevêché. En inscrivant vos souvenirs sur ces étiquettes et en les regroupant, cela pouvait représenter la forme d'une plantation collective. Nous avions d'abord pensé planter les étiquettes dans l'herbe, pour donner une image de souvenirs qui germent, prêt à éclore ensemble. Mais techniquement cela n'aurait pas été très simple pour vous, de vous baisser pour lire les souvenirs.

maquette du projet avec les étiquettes plantées dans l'herbe

Accrocher les étiquettes dans les branches d'un arbre, à hauteur des yeux, apparaîssait alors comme la meilleure des solutions! Vous savez maintenant tout sur l'histoire de ce projet... Si vous avez des questions n'hésitez pas à nous contacter.